Le Centre Court a rendu son verdict dimanche, au terme de 3h46 d'une finale d'une densité rare : Jannik Sinner reste le roi de Wimbledon. Le numéro 1 mondial a dominé Alexander Zverev 6-7 (7/9), 7-6 (7/2), 6-3, 6-4 pour conserver sa couronne sur le gazon londonien.
Accroché d'entrée, l'Italien a d'abord perdu un tie-break haletant 9 points à 7, avant d'inverser le rapport de force dans le deuxième jeu décisif, survolé 7 points à 2. La suite a ressemblé à une lente asphyxie de son adversaire. Au bout : un cinquième titre du Grand Chelem, un deuxième Wimbledon de suite, et une ligne d'histoire supplémentaire, puisque Sinner devient le dixième joueur de l'ère Open à réussir la passe de deux à Londres.
Dixième victoire de rang contre Zverev
Pour Zverev, la frustration est immense. Premier finaliste allemand à Wimbledon depuis Boris Becker en 1995, il a de nouveau buté sur sa bête noire : dix défaites consécutives désormais face à Sinner, et toujours pas de premier sacre en Majeur. L'Allemand avait pourtant parfaitement lancé son après-midi en empochant la première manche, avant de voir le match lui glisser des mains, jeu décisif après jeu décisif.
La consolation est comptable : grâce à sa quinzaine, Zverev grimpe au 2e rang mondial (8 480 points) et double Carlos Alcaraz (8 160), grand absent du tournoi en raison d'une blessure au poignet droit qui le tient éloigné des courts depuis avril.
Djokovic écarté sans ménagement
Le parcours du champion force le respect. En quart de finale, Sinner a éteint Jan-Lennard Struff, 36 ans et devenu à Londres le plus vieux joueur de l'histoire à atteindre un premier quart en Grand Chelem, 7-5, 7-6, 6-3. En demi-finale, il a infligé un sec 6-4, 6-4, 6-4 à Novak Djokovic.
Le Serbe de 39 ans avait pourtant marqué la quinzaine : nouveau recordman des victoires à Wimbledon (107, devant Roger Federer) et vainqueur du quart de finale le plus long de l'histoire du tournoi, 5h15 face à Félix Auger-Aliassime. Face à Sinner, il n'a rien pu faire.
« It was tough after Paris »
Au moment de soulever le trophée, Sinner a laissé parler l'émotion. « This one means a lot, because it was tough after Paris », a-t-il confié — celui-ci compte beaucoup, parce que ça a été dur après Paris —, allusion à un printemps parisien compliqué, sans s'étendre davantage.
Puis, en amoureux du lieu : « There's no better place honestly to play tennis... you never know how many times you can come back on Sunday. » Comprendre : il n'existe honnêtement pas de meilleur endroit pour jouer au tennis, et on ne sait jamais combien de fois on aura la chance de revenir un dimanche.
Le chèque, lui, donne le vertige : 3,6 millions de livres pour chaque vainqueur en simple, 1,8 million pour les finalistes, sur une dotation totale de 64,2 millions, en hausse de 10 % par rapport à 2025.
À la Race, Sinner devance désormais Zverev de 1 410 points, et les deux hommes sont déjà assurés de disputer les Finals de Turin en fin de saison. Leur prochain duel n'attendra sans doute pas novembre : la tournée nord-américaine démarre fin juillet, avec Washington puis le Masters 1000 de Montréal.
Tennis Post Redaktion
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