Il y a des tirages au sort qui ne pardonnent pas. Pour sa toute première apparition dans le grand tableau de Wimbledon, Loïs Boisson, la révélation de Roland-Garros 2025, a hérité d'entrée d'Elena Rybakina, numéro 2 mondiale et ancienne championne des lieux. Battue 6-4, 1-6, 6-3, la Française a pourtant montré qu'elle n'était pas venue en spectatrice.
Un match, une bascule, une glissade
Le scénario a longtemps laissé espérer un exploit. Accrocheuse dans une première manche perdue de peu, Boisson a ensuite déroulé un deuxième set autoritaire, remporté 6-1, en prenant le jeu à son compte. Dans la manche décisive, tout s'est joué sur un détail — et quel détail : à 4-3, une glissade sur ce gazon qu'elle découvrait a fait basculer le match. Rybakina n'a plus rien lâché.
La frustration est d'autant plus grande que la Française s'était présentée à Londres avec une préparation réduite au strict minimum, gênée par des pépins à l'avant-bras et au mollet. Découvrir Wimbledon dans ces conditions, face à une telle adversaire, relevait de la mission impossible. Elle a failli la remplir.
Contrexéville, le retour aux sources
Pas le temps de gamberger : dès cette semaine, Boisson retrouve sa surface de prédilection. Elle est engagée au WTA 125 de Contrexéville, sur terre battue — un rendez-vous à domicile, dans les Vosges, à mille lieues du gigantisme londonien. Pour celle qui avait enflammé Roland-Garros au printemps 2025, l'occasion est idéale de reprendre des repères, du rythme et de la confiance sur l'ocre, là où son tennis s'exprime le mieux.
Jeanjean, l'histoire à 30 ans
Dans le marasme général du tennis féminin tricolore à Londres, une autre Française a signé un moment fort. Léolia Jeanjean, 30 ans, a décroché sa première victoire dans le grand tableau de Wimbledon, au bout d'un combat de trois heures face à Veronika Erjavec. Une récompense tardive mais méritée pour une joueuse au parcours cabossé, qui n'a jamais cessé d'y croire.
La suite a été plus cruelle : battue au deuxième tour par Snigur, Jeanjean a quitté le tournoi avec le triste statut de dernière Française en lice, symbole d'une quinzaine où aucune tricolore n'a franchi la première semaine. Mais l'essentiel est ailleurs : à un âge où beaucoup pensent déjà à la reconversion, elle continue d'écrire les plus belles lignes de sa carrière en Grand Chelem.
La terre pour se relancer
Le gazon n'aura donc souri ni à Boisson ni à Jeanjean, mais l'été ne fait que commencer. Pour Boisson, le programme est limpide : Contrexéville cette semaine, devant un public acquis, pour transformer les promesses entrevues face à Rybakina en résultats concrets. La glissade de Londres appartient déjà au passé ; la terre battue, elle, ne glisse jamais tout à fait de la même façon.
Tennis Post Redaktion
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