Fils, nouveau maître des terrains américains
Il y a à peine une semaine, Arthur Fils entrait dans l'histoire du tennis français. Victorieux à Cincinnati face à l'Américain Frances Tiafoe sur le score de 6-3, 1-6, 6-0, le Parisien de 21 ans a décroché son premier titre en Masters 1000, devenant ainsi le premier Français à remporter Cincinnati depuis Guy Forget en 1991. Plus largement, c'est le premier titre Masters 1000 pour un Français depuis Jo-Wilfried Tsonga à Montréal en 2014 — douze ans d'attente. Le troisième set, expédié en un éclair, dit tout de l'état d'esprit d'un joueur qui a atteint un nouveau palier cette saison.
Fils arrive donc à Flushing Meadows avec une confiance que rares sont ses concurrents à pouvoir lui opposer. Ses frappes plates des deux côtés, sa lecture du jeu et sa capacité à élever son niveau dans les moments décisifs correspondent parfaitement aux courts rapides de New York. Le décor est planté pour une grande quinzaine.
Un tirage de deuxième semaine dès le premier tour
Le sort en a décidé autrement pour son entrée en lice. Fils affrontera dès le premier tour le Grec Stefanos Tsitsipas, ancien numéro trois mondial et vainqueur de nombreux Masters 1000, dont la science tactique reste redoutable sur surface rapide. Plusieurs consultants ont qualifié ce tirage de « cauchemardesque » pour le Français — une affiche de deuxième semaine dissimulée en huitième de finale d'ouverture. Tsitsipas, expérimenté et motivé sur les grands courts, ne fera pas de cadeau.
Pour Fils, l'enjeu est clair : une victoire face à Tsitsipas enverrait un message immédiat à tout le tableau. Elle prouverait que Cincinnati n'était pas une parenthèse, mais bien le reflet d'un niveau désormais stabilisé parmi l'élite mondiale.
Féry, armé de sa finale à Winston-Salem
Arthur Féry aborde ce Grand Chelem dans une dynamique comparable, même si l'issue de sa semaine a été différente. Le Britannique d'origine française, 23 ans, a atteint la finale du tournoi ATP 250 de Winston-Salem avant de s'incliner face au Péruvien Ignacio Buse (6-3, 6-2). Une défaite sans doute douloureuse, mais une finale qui confirme son appartenance au groupe des joueurs capables de peser dans les grands rendez-vous. Son premier tour à l'US Open le mettra face à la 13e tête de série, l'Italien Lorenzo Musetti — un défi immédiat, une occasion de confirmer sa progression sur le Grand Chelem américain.
Hugo Gaston, qualifié après avoir battu l'Américain Colton Smith en trois sets (1-6, 6-4, 6-2), hérite d'un match face à la septième tête de série Daniil Medvedev en session de jour sur l'Arthur Ashe Stadium. Le gaucher créatif, spécialiste des solutions inattendues, ne fera pas figure de favori — mais il a déjà créé des surprises sur ce type de surface par le passé.
Le tennis français n'a pas été aussi armé depuis longtemps
Entre Fils, Féry et Gaston, la France aborde cet US Open 2026 avec un contingent masculin remarquablement compétitif au regard de la forme récente de chacun. Avec une dotation record de 108 millions de dollars, chaque victoire dans ce tableau a un poids supplémentaire. Si Fils passe Tsitsipas et construit une série dans la deuxième semaine, le dernier Grand Chelem de la saison pourrait très bien devenir le tournoi où le tennis masculin français reconquiert définitivement sa place au sommet. Premier test dès les premières journées du tournoi, qui se conclut le 13 septembre.
Tennis Post Redaktion
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